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Critère et clauses environnementales : préparer ses réponses au 21 août 2026

À compter du 21 août 2026, les consultations engagées ou les avis d'appel à la concurrence envoyés à la publication devront intégrer plus systématiquement l'environnement dans la passation et l'exécution des marchés publics. Pour une entreprise candidate, l'enjeu n'est pas d'ajouter une page RSE générique : il faut comprendre où l'exigence apparaît dans le DCE, comment elle sera notée et quelles preuves devront être produites pendant l'exécution.

Le changement porte notamment sur les conditions d'exécution environnementales et sur le choix de l'offre économiquement la plus avantageuse. Lorsque plusieurs critères sont utilisés, au moins l'un d'eux doit prendre en compte les caractéristiques environnementales de l'offre. Le prix seul ne peut plus rester le critère unique de droit commun ; un critère unique de coût reste possible s'il repose sur une approche globale intégrant les caractéristiques environnementales.

Cette page distingue les règles communes, les cas particuliers et les conséquences pratiques pour le BTP, le nettoyage et les espaces verts, ainsi que le numérique. Elle est conçue comme une page vivante : chaque révision est datée, les sources officielles sont visibles et la prochaine date de contrôle est annoncée.

Statut

Consultations lancées dès le 21 août 2026

Publié

Dernière revue

Prochaine revue

Date d'application suivie : 21 août 2026, pour les consultations engagées ou les avis envoyés à la publication à compter de cette date.

Cette page fournit une information générale à partir de sources officielles consultées à la date de dernière revue. Elle ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace ni le code en vigueur, ni les documents de la consultation, ni l'analyse d'un professionnel qualifié adaptée à votre situation.

À retenir

  • Le 21 août 2026 concerne les consultations engagées ou les avis envoyés à la publication à compter de cette date, pas automatiquement les procédures déjà lancées.
  • Il faut distinguer le critère d'attribution, qui sert à noter l'offre, de la condition d'exécution, qui devient un engagement contractuel du titulaire.
  • Une présentation RSE générale ne suffit pas : les preuves doivent être liées au marché, mesurables et cohérentes avec le prix, les moyens et les sous-traitants annoncés.
  • Les conditions sociales concernent les marchés au-dessus des seuils européens, avec des cas de dérogation que l'acheteur doit motiver.
  • Les marchés de défense ou de sécurité ne sont pas couverts par ces mesures et certains marchés liés aux énergies renouvelables les appliquent déjà depuis le 1er juillet 2024.

1. Ce qui change au 21 août 2026

Le décret n° 2022-767 fixe au 21 août 2026 l'entrée en vigueur des dispositions réglementaires concernées. Elles s'appliquent aux marchés et concessions pour lesquels une consultation est engagée ou un avis d'appel à la concurrence est envoyé à la publication à compter de cette date. La date de remise des offres ne suffit donc pas à déterminer le régime applicable : il faut regarder la date de lancement de la procédure.

Pour l'attribution, l'acheteur peut utiliser plusieurs critères comprenant le prix ou le coût, mais au moins l'un d'eux doit prendre en compte les caractéristiques environnementales de l'offre. S'il retient un critère unique, il s'agit du coût déterminé selon une approche globale pouvant être fondée sur le cycle de vie et prenant en compte ces caractéristiques. Le décret supprime ainsi la possibilité générale d'attribuer un marché sur le seul prix.

Pour l'exécution, les conditions du marché prennent en compte des considérations relatives à l'environnement. Il ne s'agit plus seulement d'une possibilité laissée à l'acheteur. Ces conditions peuvent porter sur la réalisation de la prestation, les produits et matériaux, les transports, la consommation de ressources, les déchets, le réemploi, la traçabilité ou le suivi d'indicateurs, à condition de rester liées à l'objet ou aux conditions d'exécution du marché.

2. Conditions sociales, seuils et exceptions

Les marchés dont la valeur estimée atteint les seuils européens doivent également prévoir des conditions d'exécution relatives au domaine social ou à l'emploi. Cette obligation est distincte de la considération environnementale : un même DCE peut donc combiner une condition environnementale, une condition sociale et un critère environnemental de notation.

Le code prévoit plusieurs situations dans lesquelles l'acheteur peut ne pas retenir de condition sociale : solution immédiatement disponible, lien insuffisant avec l'objet, restriction de concurrence ou difficulté technique ou économique, ainsi que marchés de travaux d'une durée inférieure à six mois. L'acheteur doit alors conserver ou communiquer la motivation appropriée.

Pour l'entreprise, il faut éviter de transformer cette règle en exigence uniforme. Le niveau de détail dépend du marché, de son montant, de sa durée et des documents de consultation. Les seuils européens évoluent périodiquement : la valeur pertinente est celle applicable à la procédure concernée, telle qu'indiquée ou vérifiable dans les sources officielles au moment de répondre.

3. Périmètre : ce que le raccourci « tous les marchés » masque

Les mesures de l'article 35 ne concernent pas les marchés publics et contrats de concession de défense ou de sécurité. Par ailleurs, les marchés portant sur l'implantation ou l'exploitation d'installations de production ou de stockage d'énergies renouvelables appliquent déjà certaines de ces obligations depuis le 1er juillet 2024.

Une procédure lancée avant le 21 août 2026 ne bascule pas automatiquement dans le nouveau régime parce que les offres sont remises ou le marché notifié après cette date. À l'inverse, une consultation lancée à compter du 21 août doit être lue avec cette nouvelle grille, même si l'exécution commencera plusieurs mois plus tard.

La présence d'un critère ou d'une clause environnementale ne rend pas toute demande valable par principe. Les critères doivent rester non discriminatoires et liés à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. En cas d'exigence imprécise ou apparemment disproportionnée, le bon premier réflexe est de poser une question sur le profil acheteur avant la date limite.

4. Lire le DCE avec la bonne grille

Commencez par le règlement de consultation. Identifiez le critère environnemental, sa pondération, ses sous-critères, les éléments attendus et la méthode de notation lorsqu'elle est communiquée. Repérez ensuite dans le CCTP et le CCAP les conditions d'exécution : obligations, indicateurs, contrôles, pénalités, modalités de preuve et responsabilités des sous-traitants.

Séparez ce qui est évalué au stade de l'offre de ce qui sera contrôlé après attribution. Une promesse très ambitieuse peut améliorer la note mais devenir un engagement contractuel coûteux si elle est reprise dans le marché. Le mémoire technique, le bordereau de prix, le planning et les moyens annoncés doivent donc raconter la même chose.

Construisez une matrice simple avec cinq colonnes : exigence du DCE, type de règle, réponse proposée, preuve disponible et responsable interne. Cette matrice permet de détecter les affirmations non démontrées, les coûts oubliés et les engagements qui dépendent d'un fournisseur ou d'un sous-traitant non sécurisé.

5. Transformer les engagements en preuves

Une politique environnementale générale peut donner du contexte, mais elle répond rarement seule à un critère. Une preuve utile est rattachée à la prestation : fiche produit, origine et quantité de matière réemployée, plan de gestion des déchets, consommation mesurée, kilométrage évité, durée de vie, réparabilité, protocole de réduction des produits, protection de la biodiversité ou exemple de reporting.

Définissez une valeur de départ, un objectif et une méthode de suivi lorsque le DCE le permet. Une phrase comme « nous limitons les émissions » est difficile à noter et à contrôler. Une méthode précisant le périmètre, les données collectées, la fréquence de mesure et le responsable est plus crédible, même si l'entreprise ne dispose pas encore d'un bilan carbone complet.

N'inventez pas une certification et ne présentez pas une estimation comme une mesure acquise. Si une donnée dépend du démarrage du marché, indiquez la méthode de collecte et le calendrier. Si elle dépend d'un partenaire, sécurisez son engagement avant le dépôt et répercutez les exigences dans la sous-traitance ou les achats concernés.

6. Plan d'action avant les premières consultations concernées

Avant le 21 août, préparez une bibliothèque de preuves par activité plutôt qu'un texte RSE universel. Classez les fiches techniques, procédures, données de consommation, références, indicateurs, engagements fournisseurs et exemples de reporting que vous pouvez réellement mobiliser dans une offre.

Mettez à jour votre trame de mémoire technique pour faire apparaître distinctement le critère environnemental, les conditions d'exécution et les preuves. Ajoutez un contrôle de cohérence avec le prix et le planning : une solution moins carbonée, un produit plus durable ou un suivi renforcé peut modifier les coûts et l'organisation.

Enfin, désignez une personne responsable de la veille et de la revue de cette page en interne. Le 21 août 2026 n'est pas une date de fin : les seuils, textes sectoriels, guides de la DAJ et pratiques d'achat continueront d'évoluer. Les documents officiels de chaque consultation restent la règle opérationnelle à appliquer.

Impacts par activité

Ce que les entreprises peuvent préparer dès maintenant

Ces exemples servent à préparer les preuves et les questions à poser. Ils ne remplacent pas les exigences propres au DCE ni les textes sectoriels applicables à chaque achat.

Travaux et BTP

La fiche sectorielle de la DAJ cite notamment le réemploi, le recyclage ou la valorisation des matières et déchets de chantier, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le stockage du carbone et l'utilisation de matériaux issus du réemploi, renouvelables, biosourcés ou bas-carbone. Le DCE déterminera lesquels deviennent des critères ou des obligations contractuelles.

  • Préparer la traçabilité des matériaux, déchets et filières de valorisation.
  • Documenter les variantes bas-carbone et leur impact sur le prix et le planning.
  • Sécuriser les preuves attendues auprès des fournisseurs et sous-traitants.

Nettoyage, propreté et espaces verts

Ces activités peuvent être concernées par la consommation d'eau et d'énergie, les produits et emballages, les pollutions, les déchets, les déplacements, la santé et la biodiversité. Cette liste est une grille de préparation, pas une liste uniforme d'obligations : les engagements opposables sont ceux du DCE et des textes sectoriels applicables au besoin précis.

  • Recenser les produits, dosages, consommations et solutions de substitution disponibles.
  • Préparer les protocoles de réduction des déchets et de protection des milieux.
  • Relier les engagements aux fréquences, surfaces, sites et moyens réellement chiffrés.

Numérique et IT

La DAJ identifie notamment la réparabilité, le réemploi et la réutilisation parmi les enjeux sectoriels du numérique. Selon le marché, l'acheteur peut aussi s'intéresser à la durée de vie, la consommation de ressources, la maintenance, l'hébergement, le renouvellement des équipements et leur fin de vie.

  • Documenter durée de vie, réparabilité, maintenance et modalités de réemploi.
  • Préciser les hypothèses de consommation ou d'hébergement sans surpromettre.
  • Prévoir la restitution, l'effacement, le recyclage et le reporting de fin de marché.

Passages citables

Définitions et points de droit sourcés

Ce qui s'applique au 21 août 2026

Pour les consultations engagées ou les avis d'appel à la concurrence envoyés à compter du 21 août 2026, les marchés publics doivent intégrer une considération environnementale dans leurs conditions d'exécution et dans le choix de l'offre. En cas de pluralité de critères, au moins un critère porte sur les caractéristiques environnementales de l'offre. Le prix seul ne peut plus être utilisé comme critère unique de droit commun ; le coût peut rester unique s'il est évalué selon une approche globale prenant en compte l'environnement.

Conséquence pratique pour une entreprise candidate

Une entreprise doit relier chaque engagement environnemental à une exigence du DCE, à un moyen vérifiable et à une preuve d'exécution. La réponse peut documenter les matériaux ou produits utilisés, les consommations, les émissions, les déchets, le réemploi, la maintenance, la durée de vie, la biodiversité ou le reporting selon l'objet du marché. Les engagements doivent rester compatibles avec le prix, le planning, les cotraitants et les sous-traitants annoncés.

Vérification opérationnelle

Checklist de préparation au 21 août 2026

Utilisez cette liste comme point de contrôle avant de mobiliser du temps sur une réponse ou de valider un dossier pour un client.

  • La date de lancement de la consultation a été vérifiée pour identifier le régime applicable.
  • Le critère environnemental et sa pondération sont isolés dans le règlement de consultation.
  • Les conditions d'exécution environnementales et sociales sont repérées dans le CCTP et le CCAP.
  • Chaque engagement de l'offre possède une preuve, une méthode de mesure ou un calendrier de collecte.
  • Le prix, le planning et les moyens couvrent les engagements annoncés.
  • Les fournisseurs, cotraitants et sous-traitants ont confirmé les preuves qui dépendent d'eux.
  • Les modalités de suivi, contrôle, reporting et pénalités ont été comprises.
  • Les sources officielles et les éventuelles questions-réponses de l'acheteur ont été vérifiées avant dépôt.

Questions fréquentes

Les clauses environnementales deviennent-elles obligatoires dans tous les marchés publics ?

Les conditions d'exécution des marchés concernés doivent prendre en compte l'environnement, mais le contenu concret varie selon l'objet et les conditions d'exécution. Les procédures lancées avant le 21 août 2026 ne basculent pas automatiquement dans ce régime, et les marchés de défense ou de sécurité sont exclus de ces mesures.

Un acheteur pourra-t-il encore retenir le prix comme seul critère ?

Le prix seul disparaît comme critère unique de droit commun pour les marchés concernés. Un critère unique de coût reste possible s'il repose sur une approche globale qui prend en compte les caractéristiques environnementales de l'offre. Avec plusieurs critères, le prix ou le coût peut rester présent, mais au moins un critère doit porter sur l'environnement.

Une certification environnementale devient-elle obligatoire ?

Pas automatiquement du seul fait de la réforme. Les preuves exigées dépendent du DCE et doivent respecter les règles de la commande publique. Une entreprise doit vérifier les certificats, labels, équivalences et moyens de preuve expressément demandés dans la consultation.

Quelle différence entre un critère environnemental et une condition d'exécution ?

Le critère sert à comparer et noter les offres pendant la procédure. La condition d'exécution encadre la manière dont le titulaire devra réaliser le marché après attribution. Une promesse formulée dans l'offre peut donc influencer la note et devenir un engagement contrôlable pendant le contrat.

Que faire si une exigence environnementale paraît imprécise ou disproportionnée ?

Il faut d'abord relire le règlement, le CCTP et le CCAP, puis utiliser la messagerie du profil acheteur pour demander une clarification avant la date limite. Une contestation ou une analyse juridique éventuelle dépend ensuite du contexte précis de la procédure.

Veille des marchés concernés

Suivre les consultations où ces exigences deviennent concrètes

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